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Comment investir en bourse : les 4 options possibles

Vous souhaitez savoir comment investir en bourse. Quelle enveloppe choisir : Compte-titre, PEA, PEA-PME ou Assurance-vie ?

La bourse est l’un des meilleurs véhicules pour faire travailler votre argent et gagner des revenus passifs. Encore faut-il savoir le piloter. Si vous débutez, que vous n’avez pas encore mis un pied dans le bain, vous vous posez surement la question de savoir comment investir en bourse. Comment faire pour que l’argent actuellement sur votre compte en banque se retrouve converti en actions, en obligations, en ETF ou en tout autre produit proposé sur les marchés financiers ?

Pour ce faire, vous allez devoir ouvrir un compte spécialement conçu pour accueillir vos produits boursiers. Quatre options existent : le compte-titre ordinaire (CTO), le plan d’épargne en actions (PEA), le plan d’épargne en actions dédié aux PME (PEA-PME) et l’assurance-vie. Laquelle choisir ? De très nombreux établissements financiers proposent ces quatre produits : banques traditionnelles, banques en ligne, compagnies d’assurances, conseillers de gestion en patrimoine, courtiers en ligne…

Tout d’abord, sachez que l’un n’empêche pas l’autre. Vous pouvez en effet opter pour les quatre à la fois. La loi vous autorise à détenir un PEA + un PEA-PME + plusieurs comptes-titres + plusieurs assurances-vie. Si le PEA et le PEA-PMI sont limités à un par personne, vous pouvez en revanche détenir autant de comptes-titres et d’assurances-vie que vous le désirez.

Vous pouvez également décider, pour chacun de ces comptes, de déléguer leur gestion ou de piloter votre (vos) compte(s) vous-même. Ce choix sera du reste très important. Si vous n’avez aucune compétence, que vous ne savez pas comment investir en bourse, et/ou que vous n’avez pas le temps de gérer votre portefeuille, mieux vaudra sans doute en confier la gestion à des professionnels (au moins pour démarrer), moyennant des frais de gestion (comparez les avant de choisir à quel courtier confier votre capital).

Le compte-titre ordinaire (CTO) : le monde est à vous

Le compte-titre ordinaire est le support offrant la plus grande latitude. Avec lui, vous pouvez investir sur toutes les valeurs mobilières : actions d’entreprises cotées ou non-cotées du monde entier, obligations, ETF, SICAV, FCP, devises, indices, matières premières… Vous n’avez qu’à sélectionner celles que vous voulez acheter et votre broker exécutera vos ordres. De plus, vous n’avez pas de limite financière puisque le plafond de versements est illimité, contrairement au PEA et au PEA-PME.

Il est également possible d’utiliser le SRD qui permet de vendre à découvert (parier sur la baisse d’un titre) et d’utiliser un effet de levier (pour décupler vos gains… ou vos pertes). Ces techniques sont toutefois peu recommandées pour les débutants qui ne savent pas comment investir en bourse, de même que les suivantes, également accessibles aux investisseurs et traders sur les comptes-titres : Leverage, warrants, turbos, futures, options put / call…

En revanche, contrairement au PEA, au PEA-PME et à l’assurance-vie, vous ne bénéficierez avec le compte-titre ordinaire d’aucun avantage fiscal. Vous devrez donc vous acquitter des charges sociales et de l’impôt sur le revenu en vigueur (à hauteur de 30% des plus-values obtenues à la date d’écriture de cet article). Notez qu’un compte courant sera systématiquement adossé à votre compte-titre, afin d’accueillir votre capital de départ, ainsi que pour recueillir vos liquidités, par exemple quand vous revendez vos actions.

Le compte-titre ordinaire peut être individuel. Il peut aussi être détenu par deux personnes (compte-titre joint) ou même en indivis (au moins trois personnes). Il est également possible d’ouvrir un CTO pour une personne mineure, lequel sera géré par ses parents ou son tuteur légal jusqu’à sa majorité.

Avantages du compte-titre : grande liberté, pas de plafond de versement, pas de durée minimum ou maximum de détention, possibilité de dépôt et de retrait à tout moment, grand choix de titres vifs du monde entier, large choix d’OPCVM et d’ETF, versements libres et/ou programmés, accès à des produits dérivés, possibilité de détenir plusieurs comptes

Inconvénients du compte-titre : fiscalité plus lourde que le PEA ou l’assurance-vie

Ouvrir un compte-titre ordinaire facilement avec eToro

Le plan d’épargne en actions (PEA) : un compte-titre limité, mais avantageux fiscalement

Le PEA est une forme de compte-titre réglementé. Pour en ouvrir un, vous devez être majeur. Il n’est pas autorisé d’en posséder plus d’un par personne (pas plus de deux par foyer, un par conjoint). Contrairement au compte-titre ordinaire, le plan d’épargne en actions ne permet d’investir que sur des actions cotées ou non cotées dont le siège social de l’entreprise est situé dans l’Union Européenne. Quelques ETF et OPCVM d’autres continents sont toutefois éligibles mais l’essentiel des titres disponibles concernent la France et l’Europe.

En créant ce support en 1992, l’idée des autorités était double. D’abord, flécher l’épargne des Français vers des entreprises locales pour éviter que les capitaux quittent le pays et le continent. Ensuite, inciter les investisseurs à se placer dans une optique de long terme. En effet, la fiscalité est réduite à partir de 5 ans de détention du PEA. Si vous effectuez un retrait avant 5 ans, vous serez soumis au même barème que pour un CTO (cotisations sociales + impôt sur le revenu = 30% des plus-values). Après cinq ans, les gains ne sont plus soumis à l’impôt sur le revenu lors des retraits.

Ouvrir un PEA, même sans l’alimenter dans un premier temps, peut donc être intéressant, afin de prendre date en vue de l’échéance des 5 ans. Par ailleurs, le plafond des versements dans un PEA est limité à 150 000 euros. Une fois cette somme atteinte, vous ne pourrez plus y verser d’argent et devrez alors vous orienter vers un PEA-PMI ou un CTO. A noter, il est possible d’ouvrir un plan d’épargne en actions chez de nombreux établissements financiers, mais pas chez tous. Ainsi, les nouveaux acteurs tels que Degiro ou eToro ne le proposent pas (encore).

Enfin, sachez qu’il existe également un PEA jeunes. Celui-ci s’adresse aux 18-25 ans rattachés au foyer fiscal de leurs parents. Le plafond d’investissement est limité à 20 000 euros. Les sommes détenues sur ce PEA jeunes n’amputent pas le plafond des PEA des parents qui reste donc inchangé.

Avantages du PEA : fiscalité réduite après 5 ans, adapté aux débutants en bourse en raison de son horizon long-terme

Inconvénients du PEA : actifs limités à l’Union Européenne, versements plafonnés à 150 000 euros, un seul PEA par personne, liquidités bloquées pendant 5 ans pour profiter de la fiscalité réduite

Le plan d’épargne en action dédié aux PME (PEA-PME) : le petit frère du PEA

Lancé en 2014, le PEA-PMI a pour vocation d’orienter l’épargne des Français vers les petites et moyennes entreprises, en encadrant leurs investissements dans des PME (petites et moyennes entreprises) et des ETI (entreprises de taille intermédiaire). Il est possible d’investir directement dans ces entreprises, ou en passant par des fonds éligibles. Les valeurs éligibles sont les actions d’entreprises de moins de 5 000 salariés, dont le siège est situé en France ou dans l’Union Européenne, et dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 1,5 milliard d’euros ou le bilan inférieur à 2 milliards d’euros.

Ce Plan peut être ouvert seul ou en plus d’un PEA. Comme ce dernier, le PEA-PME permet d’obtenir une fiscalité avantageuse au bout de 5 ans après le premier versement, à savoir une exonération de l’impôt sur les revenus générés. En revanche, les gains restent soumis aux prélèvements sociaux, quelle que soit la date de retrait. Le plafond de versement est fixé à 225 000 euros mais le cumul des versements dans un PEA (dont le plafond est fixé à 150 000 euros) + un PEA-PME ne doit pas dépasser cette même somme.

Avantages du PEA-PMI : fiscalité réduite après 5 ans de détention, possibilité d’investir dans des entreprises non cotées

Inconvénients du PEA-PMI : actifs limités à l’Union Européenne, versements plafonnés à 225 000 euros, un seul PEA-PME par personne, liquidités bloquées pendant 5 ans pour profiter de la fiscalité réduite

L’assurance-vie : préparez votre avenir et celui de vos héritiers

Placement préféré des Français, l’assurance vie est une enveloppe, proposée par la grande majorité des établissements financiers, permettant à l’épargnant d’y placer son argent dans deux grands types de produits : des fonds euro (des obligations d’Etat ou d’entreprises, pour lesquelles le capital est réputé sécurisé), et des unités de compte (à capital non garanti). Ces dernières peuvent être des actions du monde entier, des ETF, des fonds d’investissement, des SICAV, de l’immobilier, de l’or-papier…

Vous avez la possibilité de détenir autant d’assurances-vie que vous le désirez, chez autant d’établissements différents. Votre capital n’est pas bloqué, vous pouvez le racheter quand vous le désirez. Néanmoins, pour profiter à plein de ses avantages, vous devrez conserver votre assurance-vie pendant au moins 8 ans (l’assurance-vie est donc considérée comme un produit d’épargne à long terme), date à partir de laquelle vous bénéficiez d’avantages fiscaux.

A savoir, un abattement annuel sur la part d’intérêts rachetée de 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé. Les gains provenant des premiers 150 000 euros versés sur votre assurance vie seront taxés à 24,70% (7,5% d’impôt au lieu de 12,80%) au lieu de 30%.

Par ailleurs, l’assurance-vie présente également (et surtout) un gros avantage fiscal en vue de votre succession. Pour les versements effectués avant vos 70 ans, les sommes transmises sont exonérées de droit de succession jusqu’à 152 500 euros par bénéficiaire. Des droits de 20% s’appliquent ensuite pour les 700 000 euros suivants, puis 31,25% au-delà de 852 500 euros. Pour le capital versé dans vos assurances-vie après vos 70 ans, un abattement de 30 500 euros s’applique et les intérêts sont exonérés de droits de succession (hors prélèvements sociaux).

Avantages de l’assurance-vie : fiscalité avantageuse après 8 ans, actifs variés, pas de plafond de versement, possibilité de rachat rapide, possibilité de détenir plusieurs comptes, droits de succession réduits

Inconvénients de l’assurance-vie : liquidités bloquées pendant 8 ans pour profiter de la fiscalité réduite

Comment investir en bourse : quel support choisir ?

Alors comment investir en bourse : compte-titres, PEA, PEA-PME ou assurance-vie ? Le choix dépendra d’abord de votre profil d’investisseur : court-terme ou long-terme, actions européennes ou mondiales, marché d’actions ou tous types de marchés ? Un investisseur débutant souhaitant obtenir des actions du CAC 40 ou des ETF américains avec une vision d’épargne long terme se dirigera plutôt vers un PEA ou une assurance-vie. Un investisseur actif privilégiant des titres vifs du monde entier, des instruments plus variés, ou dont l’horizon de temps est plus court se dirigera plutôt vers un compte-titres.

Pour aller plus loin, lisez notre article :Comment investir son argent, les placements financiers qui rapportent

* N’oubliez pas qu’investir en bourse, quelle que soit l’enveloppe choisie pour porter vos produits financiers, présente un risque de perte en capital. Apprendre les bases de l’investissement et/ou du trading est donc tout sauf superflu, et ce même si vous décidez de déléguer totalement la gestion de vos portefeuilles. Nos informations ne tiennent pas compte de votre situation personnelle et ne peuvent donc constituer en aucune façon des recommandations personnalisées en vue de la réalisation de transactions. Cet article ne peut être assimilé à une incitation à acheter ou vendre des instruments financiers. Le lecteur est seul responsable de l’utilisation de l’information fournie et de son capital.

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